Batteries à brancher, conformes à la législation suisse · déclaration de conformité fournie

Comment nous calculons les économies

Un calculateur d’économies est facile à truquer : il suffit d’une hypothèse généreuse au bon endroit pour doubler le résultat. Cette page dit exactement d’où vient chaque chiffre, ce que nous avons mesuré, ce que nous avons supposé, et ce que le modèle ne sait pas faire.

Le principe

Nous ne multiplions pas une capacité par un nombre de cycles et un tarif. Nous simulons les 8'760 heures de l’année, une par une.

À chaque heure, le modèle compare la production de vos panneaux à la consommation du foyer. S’il y a du surplus, la batterie s’en remplit, dans la limite de sa puissance de charge et de la place disponible. S’il y a un déficit, elle se vide dessus, dans la limite des 600 W du régime plug & play. Puis il compte ce qui est entré et ce qui est sorti au compteur, et compare la facture annuelle avec et sans batterie.

C’est la méthode des laboratoires qui font autorité sur le sujet : la HTW Berlin, avec sa Stromspeicher-Inspektion. Elle change le résultat, parce que les moyennes annuelles masquent précisément ce qui compte. En été la batterie est pleine avant midi et le surplus repart au réseau ; en hiver elle ne se remplit jamais.

La batterie ne connaît pas l’avenir. Aucune optimisation prédictive, aucun pilotage météo : ce n’est pas ce que fait un boîtier plug & play.

L’erreur que nous avons corrigée

Un kilowattheure stocké dans une batterie ne vaut pas le tarif de l’électricité.

C’est la faute la plus répandue du secteur, et notre propre calculateur la commettait jusqu’en août 2026. Le raisonnement fautif : « ce kWh, je ne l’achète pas au réseau, donc j’économise 30,1 centimes ». Sauf que ce kWh, sans batterie, vous ne l’auriez pas perdu : vous l’auriez réinjecté, et votre gestionnaire de réseau vous l’aurait racheté.

La valeur réelle est donc l’écart entre le prix d’achat et la rétribution de reprise. Sur la commune médiane suisse : 30,1 centimes payés au réseau, 8 centimes reçus pour le surplus, soit 22,1 centimes de valeur par kilowattheure — et non 30,1. Un calcul au tarif plein gonfle le résultat d’environ un quart.

Ce point a pris de l’importance le 1er janvier 2026. Auparavant, chaque gestionnaire fixait un prix de reprise annuel sur la base de ses coûts évités. Désormais, à défaut d’accord de gré à gré, la rétribution suit le prix de marché publié chaque trimestre par l’OFEN, avec une rétribution minimale de 6 ct/kWh pour les installations de moins de 30 kW. Le prix de référence photovoltaïque est passé de 10,266 ct/kWh au premier trimestre 2026 à 3,90 ct/kWh au deuxième — sous le plancher. Les troisième et quatrième trimestres ne sont pas encore publiés.

Mise à jour du 11.09.2026. Le 27.05.2026, le Conseil fédéral a révisé l’ordonnance sur l’énergie (OEne). À compter du 01.01.2027, lorsque le gestionnaire de réseau et le producteur ne s’entendent pas, la rétribution suit le prix du marché au moment de l’injection, et non plus le prix de marché de référence trimestriel. La rétribution minimale pour les installations de moins de 150 kW reste inchangée, et lorsque le prix de marché de référence passe en dessous, la différence est versée chaque trimestre. Source : Communiqué de presse du Conseil fédéral du 27.05.2026.

Les données que nous utilisons

Quatre jeux de données publics. Aucun chiffre saisi à la main, aucune moyenne nationale : chaque commune a son tarif et son ensoleillement.

Tarif de l’électricité

Prix payé au réseau par un ménage, commune par commune, pour l’année tarifaire 2026. Huit catégories de consommation, de l’appartement de deux pièces à la maison avec pompe à chaleur. Les tarifs publiés sont hors taxe ; nous ajoutons la TVA de 8,1 %, puisque c’est ce que vous payez.

ElCom — prix du courant par gestionnaire de réseau
Utilisation libre, usage commercial autorisé

Code postal → commune

Un code postal suisse sur trois recouvre plusieurs communes. Le répertoire officiel donne, pour chaque couple localité–commune, la part d’adresses concernée : c’est ce qui permet de proposer la bonne commune en premier plutôt que d’en tirer une au hasard.

swisstopo — répertoire officiel des localités
Indication de la source obligatoire — ©swisstopo

Production solaire

Série horaire de production pour le centroïde de chaque commune suisse : toiture inclinée à 30° plein sud, pertes système de 14 %, modules intégrés en toiture, masque du relief pris en compte. C’est ce dernier point qui fait qu’une commune valaisanne de fond de vallée produit moins qu’une commune du Plateau, malgré l’altitude. L’écart va de 825 à 1'466 kWh par kWc et par an ; la médiane suisse est de 1117 kWh/kWc.

PVGIS 5.3 — Commission européenne, JRC
Libre, sans restriction d’usage

Rétribution de reprise

Ce que votre gestionnaire de réseau paie le surplus solaire que vous lui renvoyez. Nous avons vérifié le tarif 2026 des 31 gestionnaires qui couvrent 63 % des communes suisses. Pour les autres, voir plus bas : nous ne retenons pas le plancher légal.

Tarifs publiés par chaque gestionnaire ; cadre légal art. 15 LEne et art. 12 OEne
Documents publics

Le profil de consommation

C’est la seule hypothèse importante du modèle, et nous la signalons comme telle.

La Suisse ne publie pas de profil de charge standardisé pour les ménages. L’association des entreprises électriques y a explicitement renoncé. Il n’existe donc aucune courbe officielle qui dirait à quelle heure un foyer suisse consomme son électricité.

Nous en construisons une : creux nocturne, pointe du matin, pointe du soir plus marquée, week-end aplati avec un creux de midi comblé, hiver plus chargé que l’été. Puis nous la calons sur le seul repère officiel disponible — une maison individuelle équipée de panneaux et sans batterie autoconsomme environ 30 % de sa production, selon SuisseEnergie. Sur notre cas de référence, le modèle sort 36 %.

C’est une hypothèse de modélisation, pas une mesure de votre foyer. Si vous chargez une voiture électrique la nuit, si vous avez une pompe à chaleur, ou si la maison est vide la journée, votre courbe réelle s’écarte de celle-ci — et le résultat aussi.

Les paramètres de la batterie

Quand une mesure indépendante existe, nous la préférons à la fiche technique du fabricant.

Paramètre Valeur D’où elle vient Statut
Rendement de charge 93 % Bas de la fourchette mesurée par la HTW Berlin sur douze systèmes (92,0 à 98,2 %). Un boîtier plug & play bon marché n’a pas l’électronique d’un onduleur hybride de 10 kW. Mesuré
Rendement de décharge 95,5 % Complété par 9 W de consommation propre de l’électronique tant qu’elle débite. Cette forme-là compte : elle reproduit l’effondrement du rendement à faible puissance, et 72 % des appels de puissance nocturnes restent sous 300 W. Mesuré
Aller-retour à 300 W 84 % Résultat des deux lignes précédentes. C’est exactement ce qu’a mesuré un essai indépendant sur une Marstek Venus E 3.0, compteur dédié, trois cycles complets, batterie vide au début et à la fin. Mesuré
Veille 8 W Soit 70 kWh par an, en permanence. Sur une batterie de 2 kWh qui restitue 500 kWh, c’est plus d’un dixième de sa production utile. La HTW relève de 4 à 64 W selon les systèmes ; la mesure sur Venus E donne 7,5 à 8 W. Mesuré
Profondeur de décharge 90 % La capacité annoncée n’est pas la capacité utilisable. Une Venus E 3.0 de 5,12 kWh nominaux offre 4,6 kWh réels. Fiche technique
Dégradation 2,1 points par an Mesurée sur vingt-et-un systèmes domestiques suivis jusqu’à huit ans, échantillonnage à la seconde. La capacité tombe à environ 80 % au bout de dix ans. Nous n’utilisons pas les « 6'000 cycles » des fiches techniques : elles n’indiquent aucun critère de capacité résiduelle. Mesuré
Réserve de régulation 3 % Retranchés du gain. La simulation réagit instantanément ; les vrais appareils mettent de 0,2 à 13,7 secondes, et dévient de leur consigne. Sans cette réserve, le résultat serait un plafond théorique présenté comme une estimation. Modélisé
Bridage 600 W Le régime plug & play suisse. La simulation en tient compte heure par heure : la batterie ne peut pas couvrir seule une pointe du soir de 1,5 kW. Réglementaire

Sources : Stromspeicher-Inspektion 2026, HTW Berlin · mesure indépendante sur Marstek Venus E 3.0 · Figgener et al., Nature Energy 2024.

Quand nous ne savons pas

Le sens du biais compte autant que le chiffre.

Nous avons vérifié le tarif de reprise 2026 de 31 gestionnaires. Il en reste beaucoup d’autres, chacun sur quelques communes. Pour ceux-là, la tentation serait de retenir le plancher légal de 6 ct/kWh : c’est le chiffre le plus défendable en apparence, puisque c’est le minimum que la loi garantit.

Ce serait flatteur et malhonnête. Plus la reprise est basse, plus l’écart avec le tarif d’achat est grand, et plus la batterie paraît rentable. Retenir le plancher reviendrait à choisir, pour chaque commune non vérifiée, l’hypothèse qui nous arrange.

Nous retenons donc 8 ct/kWh, la médiane des tarifs que nous avons effectivement vérifiés, pondérée par le nombre de communes desservies. Et le champ reste modifiable : si vous connaissez le vôtre, corrigez-le, le résultat se recalcule.

Nos résultats confrontés aux repères publiés

Un modèle qui ne retombe sur aucune valeur connue est un modèle faux. Voici les contrôles.

Ce que nous sortons Notre valeur Repère publié Source
Autoconsommation sans batterie, maison individuelle 36 % ≈ 30 % SuisseEnergie / OFEN
Autoconsommation avec une batterie bien dimensionnée 66 % jusqu’à 70 % — nous atteignons 69 % sur le plus grand modèle SuisseEnergie / OFEN
Cycles complets par an, batterie de 10 kWh 173 ≈ 200 mesurés sur batteries LFP domestiques Figgener et al., Nature Energy 2024
Rendement aller-retour d’un système AC couplé 84 % 83,9 % retenus par la HTW Berlin pour ses propres abaques HTW Berlin

Un écart reste visible sur les petites capacités : le modèle leur attribue près de 270 cycles par an, contre 200 mesurés sur le terrain. L’explication tient au dimensionnement : une batterie petite par rapport à la consommation tourne davantage. Une part vient aussi de notre dispatch, plus parfait que la réalité. C’est ce que compense la réserve de régulation, et cela reste une limite du modèle plutôt qu’un résultat.

Comment nous comparons avec les autres batteries

Le calculateur place notre batterie à côté de celles d’Anker SOLIX, d’EcoFlow et des systèmes posés par un installateur. Un comparatif écrit par un vendeur ne vaut que par ce qu’il s’interdit ; voici nos règles.

  1. Aucun prix inventé. Les appareils à brancher sont relevés à leur prix public suisse le 14 août 2026. Nous ne nommons pas l’enseigne, mais le relevé est daté et le chiffre entre tel quel dans le calcul. Les systèmes posés reprennent les fourchettes publiées par des installateurs suisses : 6'500 à 9'000 CHF pour 10 kWh, pose comprise, et environ 12'000 CHF pour un Powerwall 3. Ce sont des ordres de grandeur, pas des devis, et le tableau le dit.
  2. Le doute profite au concurrent. Les systèmes posés sont simulés avec le haut de la fourchette de rendement mesurée par la HTW Berlin, soit 98,2 % à la charge. Nos propres boîtiers gardent le bas de cette même fourchette, 93 %.
  3. Tout le monde est bridé à 600 W. Plusieurs de ces appareils sortent 800 ou 1'200 W ailleurs. Sur une prise suisse, le plafond est de 600 W. Les comparer à leur puissance d’origine fausserait le résultat en notre défaveur comme en la leur.
  4. Le prix est ramené au kilowattheure utilisable. Un boîtier de 1,6 kWh moins cher à l’étiquette revient plus cher au kilowattheure stocké qu’une batterie de 5,12 kWh. Comparer des étiquettes entre des capacités qui vont de 1,6 à 13,5 kWh n’apprendrait rien ; le franc par kilowattheure, si.
  5. L’horizon passe à 20 ans. Ailleurs sur le site nous nous arrêtons à dix. Une batterie posée à 7'750 francs ne se rembourse pas en dix ans, et afficher « au-delà de dix ans » sur trois lignes n’apprend rien. Au-delà de dix ans, la projection suppose des tarifs et des habitudes figés : c’est une indication, pas une prévision — et le tableau affiche en regard la part remboursée à dix ans, qui elle ne demande aucune extrapolation.

Ce que le comparatif ne dit pas est écrit sous le tableau : une batterie posée n’est pas limitée à 600 W, certaines assurent une alimentation de secours, et la rentabilité n’est pas le seul critère d’achat.

Ce que le modèle ne fait pas

Les limites, pour que vous sachiez quoi en penser.

  • Il ignore l’arbitrage horaire. Charger la nuit au tarif creux pour décharger aux heures pleines améliore le résultat chez les fournisseurs qui pratiquent des tarifs horaires. Les données ouvertes de l’ElCom ne publient que le prix moyen pondéré, sans la ventilation heures pleines / heures creuses : nous ne pouvons donc pas le calculer commune par commune sans inventer les chiffres manquants.
  • Il ne connaît pas votre toit. Le calcul suppose 30° plein sud. Une toiture est/ouest produit moins mais s’accorde mieux avec une consommation matin et soir ; l’effet sur l’économie n’est pas celui qu’on croit.
  • Il ne connaît pas votre courbe de consommation. Voir plus haut : le profil est construit et calé, pas mesuré chez vous.
  • Il suppose les tarifs stables sur dix ans. Personne ne peut le promettre, et le régime de reprise vient précisément de changer.
  • Il ne déduit aucune subvention. Genève, par exemple, verse depuis 2026 une prime pour les batteries de 15 kWh et moins. Nous ne l’intégrons pas : les conditions varient et changent.
  • Il ignore le coût du capital et les frais de livraison. L’amortissement affiché est un temps de retour simple.
  • Il ne modélise pas les communautés électriques locales , ouvertes depuis 2026, qui permettent de vendre son surplus à ses voisins plutôt qu’au réseau. Cela suppose une organisation collective, pas une décision individuelle.

Refaire le calcul

Le cas de référence affiché sur ce site : une maison de 4'500 kWh par an, 4 kWc de panneaux, une Venus E 3.0 bridée à 600 W, sur la commune médiane suisse. Résultat : CHF 216.– la première année, autoconsommation de 36 % à 66 %, amortissement en 7 ans et 8 mois, CHF 1'985.– sur dix ans une fois la dégradation prise en compte.

« Commune médiane » signifie : médiane des tarifs ElCom H4 des 2107 communes suisses, médiane de leurs productibles solaires, médiane des rétributions de reprise de leurs gestionnaires. Nous avons vérifié que ce raccourci donne le même résultat que la médiane des simulations menées commune par commune.

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